Histoire de Lannion et sa région1 - Le site du YaudetL’occupation du pays de Lannion remonte aux confins de la Préhistoire. A l’origine, la population vivait principalement sur le site du Yaudet, situé quelques kilomètres en aval de la ville actuelle. Ce site occupait une position stratégique, à l’entrée de l’estuaire du Léguer. Un premier rempart y fut construit à l’époque gauloise. A la fin du IIIe siècle, les autorités romaines renforcèrent le rempart par un mur de pierres maçonnées, large d’un peu plus d’un mètre. De nombreux vestiges archéologiques, datant des périodes gauloises et romaines, ont été découverts sur ce site.
2 - L’arrivée des bretons d’Outre-MancheLa période allant du Ve au VIIe siècle voit l’émigration des bretons d’Outre-Manche vers les côtes de Bretagne. A la fin du VIIe siècle, Ivy, un moine irlandais originaire de Lindisfarne, remonte le Léguer et crée un ermitage à Loguivy-lès-Lannion. Un bras-reliquaire du saint demeure dans l’église de Saint-Ivy, tout près de Lannion.
3 - La naissance de LannionIl est possible que ce soit la variation du niveau de la mer qui a poussé les populations à quitter le site du Yaudet pour trouver un autre lieu de franchissement du Léguer. Le gué, situé au niveau du pont de Kermaria, sera le point de départ de l’expansion de la ville de Lannion. C’est en 1150, dans une bulle du Pape Alexandre III, que le nom de Lannion est mentionné pour la première fois. Ce nom provient du mot breton lan signifiant un établissement religieux et de Saint Iudon, un saint breton. Lannion est alors le chef-lieu de l’une des quatre châtellenies du Comté de Tréguier, lié au Comté de Penthièvre. Au XIIe siècle, l’église de Brélévenez est fondée par les chevaliers-moines de Montjoie, branche de l’ordre du Temple, sur les hauteurs de Lannion.. En 1230, un château de pierres surplombe la rivière, entre le Léguer et le Stanco, et appartient à Pierre de Dreux dit ‘Mauclerc’, Régent du Duché de Bretagne.
4 - La guerre de successionA la mort du Duc Jean III en 1341, la Bretagne est plongée dans une guerre de succession opposant Jean de Monfort, allié aux anglais, à Charles de Blois, soutenu par le Roi de France. En 1346, Lannion, qui soutient Charles de Blois, est envahie par les anglais. Ceux-ci y font un affreux carnage. Geoffroy de Ponblanc se bat vaillamment mais succombe sous le nombre. Son fils, Guyon de Ponblanc, participe au Combat des Trente, en 1351. Fidèle à ses alliances, Lannion refuse, à la fin du conflit, de reconnaître l’autorité de Jean de Monfort, pourtant devenu souverain de Bretagne, et ne cède que sous la contrainte, en 1375.
4 - Du XVIe au XIXe siècleLe port connaît une grande activité et se développe surtout grâce aux échanges commerciaux avec les pays du nord de l’Europe. L’église Saint-Jean-du-Baly est construite de 1519 à 1548 , à l’emplacement de l’ancienne chapelle du château de Lannion. A la fin du XVIe siècle, les guerres de religion ne vont pas épargner la ville de Lannion qui est incendiée en 1591 par des mercenaires espagnols au service des ligueurs du Trégor. En 1592/1593 et le 16 mai 1596, Lannion est pillé par les troupes de Guy Eder de La Fontenelle, retranché au Château de Coëtfrec en Ploubezre. Au XVIIe siècle, malgré l’absence quasi complète de remparts, Lannion s’étend du fait du développement de l’activité religieuse. Le couvent des Ursulines est construit de 1651 à 1690 .
Au XVIIIe siècle, Lannion est le siège d’une sénéchaussée royale (circonscription administrative et judiciaire) ; la ville se pare de belles demeures et d’hôtels particuliers. Le duc d'Aiguillon, alors lieutenant-général du roi en Bretagne, fait construire les quais en 1762-1764. Au XIXe siècle, l’activité marchande se développe ; le marché du jeudi y tient une grande place. Le train arrive à Lannion en 1881.
4 - Le XXe siècleLa première guerre mondiale est une épreuve difficile pour le Trégor qui paie un lourd tributs de morts et de blessés. Les longues listes de noms figurant sur les monuments aux morts des villages trégorois l’attestent. Après la guerre, l’activité économique reprend ; on assiste à un important développement de la culture et de l’artisanat du lin. La seconde guerre mondiale est vécue douloureusement par la population lannionaise ; l’occupation, suite à la défaite de 1939, est source de nombreuses privations et malheurs. En 1945, les habitants fêtent leur liberté retrouvée et remplacent la croix gammée installée par l’occupant au sommet de l'église Saint-Jean du Baly par un drapeau français. L’après-guerre est marqué par l’essor de l’industrie des télécommunications à Lannion. En 1961 commence la construction du Radôme à Pleumeur-Bodou ; celui-ci permettra l’établissement de la première liaison satellite intercontinentale.
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